La stratégie du refus prévaut chez les salariés de Philips

Samedi 20 mars 2010, par cclpv // Philips EGP

La stratégie du refus prévaut chez les salariés de Philips

Réunis en assemblée générale, les salariés de l’usine de Dreux continuent à refuser la fermeture du site tout en s’interrogeant sur le montant des indemnités en cas de départ.

Depuis le début de l’affaire Philips à Dreux, les assemblées générales se suivent et se ressemblent. Celle tenue jeudi matin au self de l’usine de la rue de Réveillon, n’a pas fait exception à la règle : un certain nombre de salariés font part de leurs inquiétudes et voudraient que les négociations sur les mesures d’accompagnement aillent plus vite et soient conclues. C’est finalement Nathalie Neil, syndicaliste CGT, qui a remis les choses à plat de façon très claire en fin d’assemblée générale : « s’il y a des gens qui ont trouvé un emploi ailleurs ou qui ont un projet, qu’ils négocient leur départ avec la direction. Nous leur donnerons tous les éléments et documents pour qu’ils partent dans les meilleures conditions possibles. Mais qu’ils ne cassent pas le combat de ceux qui n’ont rien après Philips ! ».

Difficile pour un certain nombre de salariés de comprendre que l’on peut à la fois avancer sur les négociations des conditions de départ et en même temps se battre pour éviter la fermeture programmée du dernier site Philips. C’est ce que se sont évertués à expliquer, jeudi matin, pendant plus d’une heure, des gens comme Dominique Maillot et Jean Arrar de Force ouvrière ou Antonio Perrucha de la CGT.

212 sacrifiés

Finalement convaincus que le jeu en vaut encore la chandelle : La majorité des salariés a voté en faveur de la poursuite de la stratégie initiale : pas d’avis du comité central d’entreprise et du comité d’entreprise sur un plan social toujours considéré illégal par les syndicats et « qui n’a pas bougé d’un iota malgré les injonctions du tribunal », font remarquer Force ouvrière et la CGT. Mais une rencontre avec la commission de suivi pour connaître les propositions de la direction de Philips en matière de mesures d’accompagnement. Cette dernière décision fait grincer les dents de Manu Georget de la CGT qui estime que « nous n’avons pas besoin d’aller frapper à la porte de la direction. C’est à elle de venir si elle a des propositions ».

Au final, la CGT ne s’interdit pas d’engager une procédure sur le fond en s’appuyant notamment sur le périmètre économique dans lequel se place l’usine de Dreux. Même si l’ambiance est parfois lourde, le moral des troupes reste bon. « Philips n’a plus de stratégie. La direction essaye de manipuler tout le monde à commencer par Hamel et le sous-préfet, puis elle décide de faire appel après avoir dit qu’elle acceptait le jugement du tribunal de Chartres. Les salariés, eux, gardent la même stratégie celle du refus d’un plan social économiquement infondé », commente Sandra Renda, avocate du comité d’entreprise.

Les 212 salariés de Dreux ont bien compris qu’ils devaient être sacrifiés pour soi-disant sauver les 50.000 emplois du reste du groupe Consumer lifestyle. Ce qui veut bien dire qu’ils font partie de ce fameux groupe qui fait des millions de bénéfices chaque année ! Du moins quand ça arrange la direction.

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Jeudi matin à Dreux : les salariés réunis en assemblée générale ont adopté à la majorité une motion pour la poursuite du combat.

Dominique Maillot de sous-préfet en préfet

La première prise de contact du nouveau préfet avec l’union départementale Force ouvrière prévue lundi interviendra dans un climat houleux. Dominique Maillot, de FO, a bien l’intention de dire à Lionel Beffre tout le mal qu’il pense de l’initiative de Roger Silhol, le sous-préfet de Dreux. « Le sous-préfet de Dreux se permet de convoquer les syndicats pour leur dicter la conduite à tenir, c’est inadmissible. Ce sont les syndicats qui demandent éventuellement aux représentants de l’État de les recevoir. Après, ils acceptent ou non de recevoir les syndicats mais ce n’est pas l’inverse ».

Pour Dominique Maillot et ses amis, cette reprise en main par le sous-préfet fait partie des pressions « que Philips essaye d’employer faute de stratégie. C’est dans la même veine que les déclarations faites par Gérard Hamel ». Voyant que l’État a l’air de vouloir reprendre « son rôle d’accompagnement des plans sociaux et de demander en plus aux syndicalistes d’être raisonnables », le représentant de Force ouvrière et ses amis comptent plutôt sur eux-mêmes et « sur quelques poches de résistance parmi les magistrats notamment », pour défendre une certaine idée de la République.

Le dialogue entre Dominique Maillot et Roger Silhol n’a jamais été simple. Le syndicaliste attend de voir lundi soir comment il peut s’instaurer avec le préfet, Lionel Beffre.


Une prime de 100.000 euros : Gérard Hamel prié de s’exprimer devant huissier

Les déclarations plusieurs fois réitérées de Gérard Hamel sur les conditions de départ des 212 salariés de Philips-EGP ont été très mal vécues par les salariés mais également par les syndicats. Le député-maire UMP de Dreux a affirmé devant la presse, et les salariés venus l’interpeller à l’occasion d’une réunion du conseil communautaire, que « la prime de départ serait en moyenne de 100.000 € par salarié ».

Deux deux choses l’une : soit Gérard Hamel bluffe et lance un chiffre fantaisiste soit le député maire a des informations de la part de Philips que personne d’autre n’a en sa possession ! Les représentants du personnel et notamment les élus du comité d’entreprise qui sont sensés avoir toutes les informations en priorité sont curieux de savoir d’où Gérard Hamel sort ce fameux chiffre de 100.000 €.

Par l’intermédiaire de leur avocate, maître Sandra Renda, ils ont donc décidé de lancer une procédure de sommation interpellative. Un terme un peu compliqué qui se résume en fait par l’envoi d’un huissier auprès du principal intéressé afin de l’enjoindre à faire toute la lumière sur cette affaire. L’annonce de cette décision a été particulièrement bien accueillie, hier matin, dans les rangs des salariés et notamment du côté de ceux qui avaient essayé de rencontrer Gérard Hamel lundi soir. « On ne peut pas laisser croire à l’ensemble des gens qu’on va partir avec 100.000 € alors que la moyenne pour le moment tourne plutôt à 50.000 € », commente une des salariées qui a été choquée par l’attitude de Gérard Hamel. « Il tente de nous faire passer pour des râleurs et des gens manipulés par des soi-disant fossoyeurs d’emploi. C’est pas lui qui risque de se retrouver au chômage. S’il y a tant d’emplois chez Phone-Marketing, qu’il les propose à ceux qui sont déjà au chômage nous, on veut garder notre boulot » !

Valérie Beaudoin

La République du Centre - 13 mars 2010


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1 Message

  • oui les 100 000 euro c etait possible ,mais il y a eu cette volontée de jean arrar (FO) de faire voter les ouvriers a buletin secret,ceci etait la volonté des cadres , et jean et assimilé cadres , et puis la FO
    a toujours etait contre la CGT, et la cgt c est vraiment une entrave je parle bien de la cgt de dreux philips , de toute facon la fo de philips sont du coté des patrons, des vrais focul, nous les ouvrier nous n avons pas la parole , seule jean maffoud et les autres avait la parole il savait qu il etait majoritaire et avez tout les droit ,pourtant jean etait bien entouré avec un avocat comme maitre randa , y as pas mieu , et des expert aussi bien , ils ont etait contres c est deux partenaire ,jean en as fait qu as sa tete et maintenant un ans apres maffoud (fo)et parti dans une autre usine philips et jean peut etre delegué centrale fo philips france des rumeurs ,

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