Communiqué de presse du 28/09/09

Mercredi 30 septembre 2009, par cclpv // Club Med

Plan social au centre d’appel du Club Med : licenciements injustifiés et enfreinte du code du travail

Le 26 juin 2009, la direction du Club Méditerranée a annoncé aux partenaires sociaux un Plan Social qui devrait impliquer 90 licenciements dans son Centre d’Appel Européen (CMCAE) basé à St. Ouen. Depuis le départ, les raisons officielles invoquées pour motiver cette décision ont été : « les difficultés liées à la crise », ainsi que « Les changements d’habitudes des clients ».
Cependant le Comité d’Entreprise de CMCAE a accusé réception du rapport d’expertise qu’il avait commandé dans le cadre du PSE : Les conclusions des analyses sont aussi claires qu’accablantes pour la direction.

Sur le fond, « le groupe a orchestré très en amont la baisse d’activité de CMCAE » :
« Le PSE n’est pas basé sur de réels arguments économiques. Il s’agit dans les faits d’un transfert d’activité au profit d’une autre structure. Les principaux arguments sont largement contestables et ne relèvent pas de la crise conjoncturelle. »

« Club Med SA, déjà structurellement responsable des pertes de sa filiale depuis au moins 2004, a délibérément fait des choix dont la conséquence est un démantèlement progressif de l’activité Call Center de sa filiale CMCAE et une aggravation de sa situation financière. »

La supposée concurrence du Web est là aussi irrecevable puisqu’au contraire « la forte progression des appels générés par la fréquentation du site » a permis même de compenser « une part conséquente » des appels volontairement détournés sur d’autres réseaux.

De plus « le PSE ne permet pas un retour à l’équilibre financier. »
Sur la forme, une opacité incompatible avec l’esprit du Code du Travail :
« Le projet, objet de la présentation consultation, a commencé, dans les faits, à être mis en place de façon largement anticipée sans respect des contraintes d’information/consultation du CE. »

« De plus, une réflexion approfondie sur l’ensemble des canaux de distribution a été initiée par la direction depuis près d’une année, voire peut-être plus, sans que pour autant, là encore, une information du Comité d’Entreprise, conformément à l’esprit du Code du Travail, ait été faite. »

« Par voie de conséquence, cette attitude n’a pas permis d’entamer, dès 2008, des négociations avec les partenaires sociaux, afin d’envisager un processus de reclassement interne, à commencer chez Club Med Voyages, et au-delà, dans le groupe. »

Dans ces conditions, le syndicat Force Ouvrière a dors et déjà missionné un avocat afin de dénoncer ce délit d’entrave caractérisé, qui n’est pas des moindre puisqu’il marque concrètement en 2007 le début de la mise en œuvre du démantèlement du Centre d’Appel du Club Med. La CGT va également missionner un avocat dans le même but ces prochains jours.

Des négociations sur le Plan Social sont en cours. La Direction affiche sa volonté de ne pas remettre en cause son plan social, alors même que celui-ci s’avère totalement injustifié. Pire, le rapport du cabinet d’experts met également en avant de vives réserves quant à la viabilité du projet de restructuration lui même.

Il est également à noter que l’inquiétude et la colère vont grandissant dans les agences Club Med Voyages, où les conséquences d’une telle restructuration vont inévitablement se faire ressentir par une surcharge d’activité, un élargissement des créneaux horaires et une détérioration générale des conditions de travail.

Les salariés du Centre d’Appel du Club Med, avec leurs représentants FO et CGT, restent déterminés à défendre fermement leurs emplois et leur dignité jusqu’au bout, contre l’injustice qui leur est infligée.

Syndicat Force Ouvrière CMCAE
lun, 09/28/2009

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