Deuxième nuit de séquestration pour le dirigeant de Sullair Europe

Vendredi 12 mars 2010, par cclpv // Sullair

Le dirigeant de Sullair Europe Yves de Waroquier s’apprêtait jeudi soir à passer une deuxième nuit consécutive retenu dans l’usine de Montbrison (Loire), dont la fermeture est prévue dans les prochains mois, a-t-on appris de sources concordantes.

Yves de Waroquier est retenu dans une salle de réunion depuis mercredi, aux environs de 18 heures, par la plupart des 112 salariés de la filiale européenne du fabricant américain de compresseurs et d’outils pneumatiques Sullair (groupe United Technologies).

Le personnel, qui se relaie sur place nuit et jour, cherche à obtenir de meilleures conditions de départ dans le cadre de la fermeture de site dans les prochains mois.

"Nous exigeons une indemnité pour préjudice moral de la part de notre direction, car elle a en plus refusé un plan de reprise de l’activité proposé par le management, qui aurait permis de sauvegarder plus des deux-tiers des emplois", explique un délégué syndical.

Après une tentative de médiation infructueuse de l’inspection du travail sur place, jeudi après-midi, trois élus locaux, dont le maire PS de Montbrison, Liliane Faure, ont pris le relais dans la soirée.

La négociation, par leur intermédiaire, entre Yves de Waroquier, 65 ans, un "manager de transition", nommé la veille gérant de la société, et les salariés mobilisés dans cette action pourrait durer jusque tard dans la nuit, pronostique un membre du comité d’entreprise.

"Mes conditions matérielles sont standard pour ce gendre de situation, sauf qu’il fait un peu froid", a confié Yves de Waroquier, qui fut directeur général d’une entreprise présidée par Laurence Parisot, l’actuelle présidente du MEDEF, le syndicat patronal.

Sa remise en liberté et la reprise du travail constituent toutefois "un préalable obligatoire" à la reprise des négociations dans deux semaines, a déclaré Christine Baudelaire, une porte-parole du groupe, qui souligne en outre "un important carnet de commandes en souffrance".

AP - 11.03.2010 - 23:46

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