Total : des salariés bloquent 500.000 tonnes de pétrole à la raffinerie de Dunkerque

Vendredi 5 mars 2010, par cclpv // Total

GRAVELINES — Des salariés de la raffinerie Total de Dunkerque, menacée de fermeture, ont bloqué vendredi des cuves contenant 500.000 tonnes de pétrole brut, en démontant des mécanismes de pompage, à trois jours d’une réunion qui doit décider de leur avenir, a constaté un journaliste de l’AFP.

Plusieurs dizaines d’employés du site des Flandres, à l’arrêt depuis septembre, se sont rendus vendredi à l’aube sur la zone de stockage de pétrole brut. Ils ont démonté des composants électroniques indispensables au fonctionnement des pompes qui servent à extraire le contenu des cuves.

Les pompes servent habituellement à acheminer via un pipeline de 8km les hydrocarbures à la raffinerie. Les salariés affirment avoir appris que la direction de Total envisageait de faire en sorte que le pétrole puisse être chargé sur des navires à destination d’autres raffineries.

Des salariés cagoulés sont sortis de l’usine en portant les composants de la taille de petites valises, sous les applaudissements des grévistes, avant de les charger sur des remorques.

"On veut raffiner. On ne veut pas que ce (pétrole) brut s’en aille d’ici", a déclaré Philippe Wullens, délégué syndicale Sud (majoritaire sur le site), en évoquant un "trésor de guerre".

Selon lui, Total a réalisé une plus-value de 200 millions d’euros entre le moment de l’achat de ce pétrole à l’automne et aujourd’hui, en raison de l’augmentation des cours.

Une partie des composants électroniques sera remise aux services de l’Etat, une autre à la région et une troisième à la communauté urbaine de Dunkerque, sachant que tout le matériel est nécessaire pour faire redémarrer les pompes, a expliqué Marcel Croquefer, secrétaire du pôle chimie CGT.

"Ce pétrole ne doit pas quitter les cuves tant que les choses ne sont pas arrêtées", a-t-il dit.

Des propositions pour l’avenir de la raffinerie des Flandres doivent être annoncées lundi lors d’un comité central d’entreprise (CCE). La direction envisage une fermeture définitive du site qui emploie 380 salariés, plus 400 personnes chez les sous-traitants.

Les menaces de fermeture avaient entraîné fin février l’ensemble des raffineries françaises du groupe dans un mouvement de grève de plusieurs jours. Les syndicats y avaient mis fin après des garanties apportées par Total sur l’avenir de l’activité de raffinage en France.

Les salariés de Dunkerque, qui poursuivent seuls leur grève commencée le 12 janvier, devaient par ailleurs bloquer dans la matinée une partie du port de Dunkerque.

AFP - 5 mars 2010

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