Philips EGP Dreux : le PDG persiste et signe !

Jeudi 25 février 2010, par cclpv // Philips EGP

La direction de Philips est enfin sortie de son mutisme. M. Joël Karecki, président de Philips France et un des responsables de la tristement célèbre UIMM, avait pourtant fait profil bas la semaine dernière, lorsque les salariés de Philips Dreux étaient mis à la porte de leur entreprise.

Celui-ci communique maintenant largement en interne par voie de mail et d’affichage. Il s’agirait selon lui de rétablir la vérité après les « déclarations excessives, voire mensongères tenues par certains médias et leaders syndicalistes ». Nous tenons à réaffirmer au contraire leur rôle positif :

Sans l’intervention des salariés et des représentants syndicaux de Philips, sans la médiatisation de ce conflit, les travailleurs de Philips Dreux seraient aujourd’hui licenciés.

La direction a voulu se débarrasser de 212 salariés en douce, le week-end. Elle a raté son coup. Et c’est tant mieux ! Quant à la soi-disant vérité version M Karecki, qu’en est–il ?

Le site de Dreux ne serait pas rentable ? FAUX

C’est la direction de Philips qui a tué petit à petit le site de Dreux en délocalisant progressivement ses activités, pour n’y maintenir aujourd’hui qu’un secteur marginal de l’activité Téléviseurs.
Le site Philips EGP (Electronique Grand Public) fait pourtant partie du périmètre Customer LifeStyle. Or celui-ci a dégagé 424 millions d’euros de bénéfices en 2009.

La direction a répondu de manière transparente aux interrogations du personnel et de ses élus ? FAUX

Que ce soit en CCE ou en CE, la direction de Philips a refusé de prendre en compte l’avis des élus et du personnel, notamment sur le périmètre de l’expertise économique.
Son attitude butée a abouti à une position unanime de tous les syndicats de Philips qui ont été contraints de refuser la consultation aussi bien en CE qu’en CCE.
M. Karecki fait référence au passage à 16 réunions avec les partenaires sociaux, alors que lui-même n’a assisté qu’à 3 heures de réunion, et encore pour avouer qu’il « naviguait à vue » !

La direction de Philips créé de l’emploi à Dreux ? FAUX

M. Karecki se vante d’avoir « revitalisé le bassin économique local ». En fait pour quelques 150 emplois créés à Phone Marketing et Cordon Electronics, Philips a licencié ces 10 dernières années environ 900 salariés à EGP Dreux et 2000 à LGPD, l’autre usine Philips de Dreux fermée depuis. A cela s’ajoute, les
milliers d’emplois induits. Seulement une trentaine d’anciens salariés de Philips ont été réembauchés dans ces sociétés. On est loin du compte !
D’autant plus que ces emplois sont souvent déqualifiés par rapport à PHILIPS. CORDON ELECTRONICS et PHONE MARKETING emploient beaucoup d’intérimaires. Seulement 4 CDI sur une trentaine de salariés à P.M, où les conditions de travail frisent tellement l’esclavage que le turn-over est
considérable, tout comme le nombre de plaintes déposés par des salariés aux prud’hommes.

Les mesures d’accompagnement du PSE vont permettre aux salariés d’affronter
l’avenir ? FAUX

Si les salariés qui sont très près de la retraite sont les moins mal lotis, les plus jeunes ne savent pas combien d’années il leurs faudra rester au chômage avant de retrouver un emploi. Et lorsqu’ils auront la chance d’en trouver un, il sera la plupart du temps précaire et mal payé. Décidément, nous ne vivons
pas dans le même monde, M. Karecki !

La direction de Philips n’y est pour rien dans l’envoi de lettres recommandées le week-end et dans la proposition d’un reclassement en Hongrie ? FAUX

La direction ne s’excuse même pas pour l’envoi de ces lettres : elle « comprend » juste l’émotion que cela a suscitée. En plus, elle se retranche derrière une soidisant obligation légale.
La loi aurait été au contraire de respecter les instances représentatives du personnel et de ne pas essayer de passer en force tant que le CCE et le CE
n’avaient pas été consultés.
C’est d’ailleurs le jugement du tribunal des référés de Chartres qui a donné entièrement raison aux syndicats CGT et FO. Le TGI de Chartres, qui ne partage apparemment pas l’avis de M Karecki, n’a pas trouvé leurs « déclarations excessives voire mensongères ».

La direction ose en plus affirmer que ce courrier a « également été assimilé par
certains à une fermeture du site alors que le site est demeuré ouvert à tout salarié » ! FAUX

Les salariés n’ont pas eu accès au site du lundi 15/02 matin au vendredi 19 à 8h30. Des vigiles, recrutés en masse par la direction pour l’occasion, le leur interdisaient.

Toutes ces déclarations ne sont pas de nature à « favoriser le dialogue » comme l’écrit M. Karecki. Au contraire. La gestion par la direction centrale du site de Dreux a été un désastre. Et les propos tenus par M. Karecki montrent qu’il n’a pas tiré le bilan des erreurs commises.

La seule façon de renouer le dialogue, ce serait que M. Karecki présente sa
démission.

La CGT Philips EGP Dreux – Mercredi 24 février 2010

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