Péage gratuit grâce à M-Real

Dimanche 21 février 2010, par cclpv // M-Real

HEUDEBOUVILLE. Les salariés de l’usine papetière
ont laissé passer tous les automobilistes hier après-midi.

Quand on fait des promesses, on les tient. Sinon, il y a riposte. C’est ce qui a poussé une centaine de salariés de M-Real à envahir le péage de Heudebouville, hier, pendant deux heures, en début d’après-midi. Le mouvement a été très apprécié des automobilistes puisqu’au lieu de glisser leur carte bancaire dans la machine, ils ont reçu un tract et ont pu passer gratuitement.

Une expertise va débuter

Les salariés de M-Real ont souhaité ainsi attirer l’attention de Bruno Le Maire. « Quand nous sommes allés le voir le 14 janvier à Bois-Guillaume, il nous a fait la promesse de rencontrer le PDG finlandais Mikko Hélander. Le rendez-vous devait avoir lieu fin janvier. Or, chaque semaine, quand nous téléphonons pour avoir des nouvelles, on nous informe que l’entretien est repoussé de quinze jours », explique Eric Lardeur, représentant CFE-CGC.

Les salariés ont la désagréable sensation que le ministre, candidat aux régionales, veut gagner du temps jusqu’aux élections.

L’engagement que Bruno Le Maire a par contre respecté, c’est l’organisation d’une table ronde. Celle-ci s’est tenue le 29 janvier, avec la préfète Fabienne Buccio. Mais là encore, le bât blesse. « La direction du site d’Alizay avait fait la promesse d’indiquer, par écrit, le devenir de l’usine, poursuit Eric Lardeur. Trois semaines plus tard, rien n’a été fait. On nous rétorque que c’est à la direction finlandaise de s’engager mais qu’elle ne le fera pas tant qu’elle n’aura pas rencontré Bruno le Maire. On tourne en rond ! »

La décision du personnel, elle, n’a pas traîné : la production a été arrêtée hier entre 13 h et 21 h, tandis que les manifestants se sont rendus au péage d’Heudebouville. « Nous avons informé le sous-préfet que si rien n’était fait en milieu de semaine prochaine, nous entamerons des actions plus longues », prévient le syndicaliste. Une nouvelle a néanmoins mis un peu de baume au cœur du personnel. Un expert va étudier, dès la semaine prochaine et jusqu’à fin avril, la faisabilité de certaines solutions alternatives proposées par le collectif : la production de bioéthanol et de ouate de cellulose. Pendant ce temps d’étude, le plan social est gelé.

Barbara Rouyer
paris-normandie.fr du 20/02/2010

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