Victoire des salariés de Philips Dreux !

Samedi 20 février 2010, par cclpv // Philips EGP

Le TGI de Chartres ordonne le redémarrage de la production.

A 5h30 ce matin, les salariés ont trouvé les grilles de l’usine fermées. Celles-ci n’ont été ouvertes qu’à 8h30. La grande majorité des 212 salariés a pu enfin pénétrer sur le site.
Des vigiles en filtraient l’accès, laissant pénétrer uniquement les salariés de l’entreprise. Seul un groupe de « jeunes sarkozystes » a bizarrement échappé à la vigilance des gardiens. Mais ils ont été vite raccompagnés aux portes de l’entreprise par des salariés et des élus CGT.

A l’intérieur les salariés, escortés toujours par une quarantaine de vigiles, ont eu un choc en découvrant les nombreuses dégradations des locaux effectuées durant les 4 jours de lockout de l’usine : toilettes des femmes jonchées d’excréments, matériels informatiques et appareils photos servant à la fabrication volés, vestiaires fouillés, ordures traînant un peu partout…
L’ouverture des portes n’était qu’une mascarade orchestrée par les dirigeants de PHILIPS. Il ne fait nul doute qu’il s’agissait pour PHILIPS de tenter de redorer son blason et d’essayer d’infléchir par des effets de communication, la décision du juge des référés programmée pour l’après midi.

En réalité, les lignes de production n’étaient pas en état de fonctionnement, les dirigeants locaux ayant consigné les armoires électriques en fixant sur chacune d’entre elles un cadenas et en y postant un vigile pour empêcher les techniciens de remettre en route les lignes.
Par ailleurs, certains locaux stratégiques était vigoureusement gardés par les vigiles, empêchant l’accès y compris aux représentant du CHSCT.
Ce que craignait la direction, c’était sûrement la reprise du contrôle ouvrier !

C’est donc, le plus grand désarroi qui a d’abord régné dans l’usine quand les salariés ont découvert ce que la direction avait fait pendant le lockout. De nombreux salariés étaient profondément bouleversés par la situation, et ont préféré rejoindre l’ambiance chaleureuse des locaux syndicaux.
La direction, toujours plus perverse, s’est permise de faire fouiller les salariés qui sortaient avec des effets personnels.

Tout ceci n’a fait qu’accroitre un peu plus la rage des salariés, qui ont vécu le reste de la journée à attendre le jugement du Tribunal de Grande Instance de Chartres saisi en référé par le syndicat CGT Philips EGP Dreux et par l’Union Départementale FO. A 17h, celui-ci est enfin tombé.

Le TGI a donné entièrement raison aux syndicats et aux salariés de Philips !

Le Tribunal de Grande Instance a non seulement ordonné à la direction de Philips la réouverture du site et la levée du lockout, mais aussi la reprise du travail sous peine d’une astreinte de 25 000 €/jour.
Le TGI a suspendu le PSE, estimant que les élus du CCE et du CE n’avaient pas été régulièrement été consultés. Il a demandé que la situation économique du site de Dreux soit examinée dans le cadre du périmètre « Customer lifestyle » (bénéficiaire).
La direction de Philips a en plus été condamnée à payer 1000 € de dommages et intérêts aux syndicats CGT Philips EGP Dreux et à l’Union Départementale FO, ainsi que 2000 € au CCE de Philips et au CE de Dreux.

C’est une victoire totale pour les salariés de Philips Dreux !

Cette annonce a été accueillie par les applaudissements et les cris de joie des salariés. L’internationale a même raisonné un moment dans la cantine.

Lundi 22 février, nous retournerons donc au travail la tête haute, fiers de notre combat.

Nous venons de gagner une étape importante. Les salariés ont eu raison de ne pas tenir compte des lettres reçues samedi dernier leur demandant de ne plus venir travailler, et de revenir devant le site lundi 15 février et les jours suivants à l’appel de la CGT puis des autres syndicats.
Cela montre qu’en se battant la classe ouvrière peut gagner et qu’une cause n’est jamais perdue d’avance.
Philips doit maintenant nous fournir du travail. Nous savons que notre combat n’est pas terminé. Et nous ne le gagnerons pas seuls.

Nous dédions notre victoire à tous les salariés qui luttent en ce moment contre des suppressions d’emplois dans leur entreprise.

Camarades de Total, de Freescale, de Goodyear, de Sanofi-Aventis, de l’éducation nationale, de la SNCF, de Téléperformance, de TDF, de Fermoba (Cher), d’Hélio-Corbeil, de PTPM, des Chantiers Navals de Saint-Nazaire, de La Poste, sous-traitants automobiles, travailleurs sans-papiers… :
Tous ensemble, nous pouvons gagner et interdire les licenciements et les suppressions d’emplois.

La CGT Philips EGP Dreux
Vendredi 19 février 2010



- A voir : Revu et Corrigé de Paul Amar sur France 5 samedi 20 février

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