Philips EGP DREUX : Les salariés ne se laisseront pas jeter dehors par des méthodes de patron voyou

Lundi 15 février 2010, par cclpv // Philips EGP

Alors que pratiquement tous les salariés de Philips Dreux se sont présentés ce matin à leur travail, ils ont trouvé porte close. La direction avait mobilisé des vigiles et des maitres chiens supplémentaires pour empêcher salariés et élus du personnel de pénétrer sur le site.

L’Assemblée Générale s’est donc tenue devant le site, en présence d’environ la totalité des salariés de Philips et de nombreux journalistes.

Ce qui dominait était un sentiment de colère et de révolte, suite aux lettres reçues ce week-end nous demandant de ne plus revenir sur le site à partir d’aujourd’hui et proposant à certains un reclassement en Hongrie à 450€ par mois et pour obtenir ce poste il faut parler le Hongrois couramment, alors que vendredi dernier la direction avait laissé les salariés renter chez eux sans rien leur dire.

La direction de Philips comptait faire ses sales coups en douce. C’est raté !

L’assemblée générale a décidé d’assigner Philips en référé afin de faire ré-ouvrir le site.

Les organisations syndicales du site ont donc assigné Philips en référé sur le lock-out.

L’audience se tiendra mercredi 17 février 2010 au TGI de Chartres.

Les salariés ont également décidé de se retrouver tous les jours à l’usine où une Assemblée Générale aura lieu tous les matins à 8h.

Face à l’indignation soulevée dans le pays par les méthodes de patrons voyous de la direction de Philips, le ministre de l’Industrie Christian Estrosi a annoncé qu’il recevrait dans la semaine les syndicats puis la direction de Philips. Nous lui disons encore une fois qu’il n’est pas question de sacrifier nos emplois pour d’hypothétiques reclassements, notamment dans des centres d’appel de la région qui existent déjà et qui ne créent pas d’emplois.

Ce qu’il se passe à Philips n’est hélas pas un cas isolé. La vague de licenciements et de suppressions d’emplois continue partout en France : Total, Freescale, Goodyear, Sanofi-Aventis, Saupiquet, Teleperformance, Majorette, PTPM, Gima/Agco (ex-Massey Ferguson), TDF, Pier Import, Altis, M-Real... Elle touche aussi le secteur public : la Poste, les hôpitaux, la SNCF, l’éducation nationale... Et cette liste n’est pas exhaustive.

Nous appelons tous les salariés victimes eux aussi de licenciements ou de suppressions d’emplois à nous soutenir, à nous rejoindre afin que nous luttions tous ensemble.

Ne restons pas chacun dans notre entreprise. En faisant converger nos luttes, nous pouvons interdire les licenciements et arrêter les suppressions d’emplois !

La lutte ayant aussi un coup financier (frais de justice, logistique…), nous faisons appel à la solidarité.

Les soutiens financiers aux salariés de Philips, comme les communiqués de soutien tout court, sont à envoyer à :

Syndicat CGT PHILIPS EGP Dreux
1, rue de Réveillon - 28100 Dreux
Tel : 02 37 65 63 71
cgt.pegp@aliceadsl.fr

La CGT Philips EGP Dreux
Lundi 15 février 2010


- A voir : plusieurs vidéos sur bfm


Thibault (CGT) demande des sanctions à l’encontre de Philips

Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a demandé lundi que le gouvernement applique des "sanctions" à l’égard des dirigeants de Philips EGP à Dreux qui a utilisé selon lui une "procédure tout à fait inacceptable" vis-à-vis de ses salariés ce week-end. "Qu’une entreprise se sente en France aujourd’hui en droit de procéder d’une telle manière est quelque chose de tout à fait inacceptable, et moi j’attends du gouvernement des sanctions sur ce genre de comportement", a déclaré Bernard Thibault sur France Inter .

Invoquant la situation financière, la direction de Philips EGP a annoncé samedi, dans une lettre aux salariés, la suppression de 212 emplois avec la fermeture définitive de son usine , dont le personnel avait tenté brièvement d’assurer la gestion en janvier. "Une lettre recommandée a été envoyée à l’ensemble des salariés de l’usine drouaise leur indiquant qu’ils n’avaient plus à se rendre à leur travail à partir de lundi, sans leur notifier leur licenciement", a précisé à l’Agence France Presse (AFP), Manuel Georget, délégué CGT chez Philips.

"C’est totalement inacceptable", a dit Bernard Thibault. "Comment peut-on imaginer que des salariés acceptent ce genre de procédure ?", a-t-il demandé. "Il est tout à fait inacceptable qu’une entreprise fasse fi de toutes les procédures qui existent dans le droit du travail (...) on a déjà eu des épisodes par mail, par SMS, ça continue, cela veut dire que les entreprises s’estiment un peu à l’abri avec le gouvernement actuel et peuvent se permettre ce genre d’attitude", a-t-il ajouté.

Le Point du 15/02/2010

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