Total : " Notre détermination est intacte. Mardi, dès 6 h, on engage le combat "

Samedi 13 février 2010, par cclpv // Total

Environ deux mille la semaine dernière, entre cinq et six cents hier après-midi. « Nous sommes moins nombreux, sûrement à cause des vacances, mais notre détermination demeure intacte », assure un salarié de Total venu manifester hier à Dunkerque. Au même moment, à Paris, la direction du groupe annonçait la tenue d’un nouveau CCE extraordinaire sur l’avenir du site, le 29 mars

Hier, 15 h. Des salariés de Total déposent une pancarte à deux pas de la statue de Jean-Bart. Dessus, une inscription : « Pour le redémarrage de la Raffinerie des Flandres, menacée par le groupe Total d’une fermeture définitive ». « Après les quatre scénarios déjà avancés par la direction, dont ceux de la fermeture et d’une transformation en dépôt, on nous a parlé d’un centre de formation et d’un centre d’assistance technique. Cette semaine, d’autres bruits ont couru sur une cession de notre raffinerie ! C’est vraiment du n’importe quoi », note un autre salarié de la Raffinerie des Flandres.

« On veut savoir avant les régionales »

« Malgré l’annonce d’un nouveau CCE fin mars, nous maintenons notre ultimatum, qui court jusqu’à lundi soir, minuit. Ce que l’on continue à demander, c’est un redémarrage de la raffinerie et une annonce de la direction avant les élections régionales, sinon nous prendrons possession des lieux mardi à 6 h, sur la prise de poste du matin », assure Philippe Wullens, délégué SUD-Chimie sur le site.

Autre rendez-vous annoncé, cette fois par la CGT : une troisième manifestation programmée mercredi après-midi, à 14 h, devant la sous-préfecture de Dunkerque. « La semaine prochaine, tout le monde aura la preuve que notre détermination est intacte », enchaîne Marcel Croquefer, représentant CGT de la branche pétrochimie.

Et le syndicaliste de prévenir : « Mardi, dès 6 h, on engage effectivement le combat en prenant possession de la Raffinerie des Flandres. Ce que nous réclamons aujourd’hui, c’est le soutien de tous les Dunkerquois et de tous les élus car l’épreuve de force va être de taille. »

par Olivier Dufourg
samedi 13.02.2010
La Voix du Nord
dunkerque@lavoixdunord.fr


A Dunkerque, les grévistes de Total affirment vouloir "durcir" le mouvement

"On exprime notre rébellion pacifiquement. A partir du 15, ce sera autre chose", prévient Christophe Sabatier, qui vendredi semblait déterminé avec d’autres grévistes de Total à durcir le mouvement contre la fermeture des activités de raffinerie à Dunkerque (Nord).

"L’ultimatum" lancé la semaine dernière, exigeant le redémarrage de l’usine avant le 15 février, sans quoi ils "prendront possession de l’outil de travail", expire lundi à minuit, prévient Philippe Wullens, délégué syndical Sud (majoritaire à Dunkerque).

Après un mois de grève, "les gens en ont ras-le-bol, explique Philippe Wullens, qui prévoit "un mouvement beaucoup plus dur" à compter de mardi, mais précise qu’il est "hors de question" de redémarrer la raffinerie, qui emploie 370 salariés directs et 400 à 450 sous-traitants.

En revanche, les salariés pourraient refuser, selon lui, d’effectuer les tournées de sécurité sur le site, assurées jusque-là par les grévistes et les non-grévistes, le but étant d’envoyer un signal fort et de lancer le mouvement national qui doit démarrer à compter de mercredi dans les autres raffineries, à l’appel d’une intersyndicale.

A l’entrée de la raffinerie, un graffiti sur un grand panneau Total prévient : "TOTALement lamentable, le 15 on est chez nous", juste à côté de quelques panneaux cassés, témoignage de l’exaspération croissante des salariés.

"La tension monte", explique Patrick Mantez, 27 ans, qui alimente le feu d’un poêle à bois bricolé sous une tente du piquet de grève, avant de pester contre les "près de huit milliards d’euros de bénéfices" annoncés jeudi par le groupe et une fermeture "pour gagner encore plus d’argent à l’étranger".

Selon lui, "le patron et le DRH ne rentreront plus" dans la raffinerie, à partir de mardi, date à laquelle les grévistes comptent "occuper les locaux de la direction" pour qu’elle mette un terme à "l’incertitude" qui pèse sur les salariés.

"Le dialogue social se poursuit entre la direction et les organisations syndicales en général et plus particulièrement en ce moment sur la raffinerie des Flandres", a indiqué de son côté vendredi un porte-parole du pétrolier, interrogé sur cette menace.

Vendredi après-midi, derrière une banderole "Arrêtons le massacre", entre 600 et 700 personnes ont manifesté à Dunkerque - soit deux fois moins que lors de la manifestation précédente - mais avec 200 salariés de Total.

Le député-maire de Dunkerque, Michel Delebarre (PS), y a déploré que "l’annonce (de la fermeture) ait été faite sans qu’il y ait de débat" et a demandé que "l’Etat prenne position clairement" dans ce dossier.

"On attend le 15 avec impatience. On fera les choses dans les règles. On n’a pas besoin de casser pour se faire entendre. On va pousser la direction à bout, affirme dans le cortège Pierrick Bellet, casque sur la tête.

"On ne va pas tenir jusqu’au 29 mars (date d’une réunion de la direction avec le CCE de Total), le 15 (à minuit), on prend la raffinerie. C’est à nous, les ouvriers !, ajoute Christophe Sabatier, 31 ans, dont dix ans à la raffinerie des Flandres. On va leur montrer à tous les actionnaires, que s’il n’y a pas les ouvriers, il n’y a pas d’argent".

De Nicolas GUBERT (AFP) – Il y a 17 heures

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