Cinquième jour de grève à l’usine Saupiquet de Saint-Avé

Samedi 13 février 2010, par cclpv // Saupiquet

Salariés de Saupiquet. « L’espoir » après avoir vu François Goulard

Cinquième jour de grève, hier, pour les 85 salariés de l’usine Saupiquet, à Saint-Avé.
Ils espèrent toujours obtenir de la direction du groupe une « prime de reconnaissance » de 20.000 € nets chacun, pour compenser la fermeture du site en juin.

Le piquet de grève est maintenu devant l’usine, bloquant toute activité de jour et, désormais, de nuit.

Hier, à 18h, une délégation de dix salariés s’est rendue à Vannes, profitant du conseil municipal pour rencontrer le maire et président de Vannes Agglo, François Goulard. L’élu a reçu quatre salariés. « Je comprends leur position et leur réaction. Il y a une erreur de gestion d’un groupe industriel et un traitement pour le moment qui n’est pas satisfaisant », a-t-il déclaré avant d’ouvrir la séance, mais sans ajouter ce point à l’ordre du jour. « Il nous a très bien accueillis mais il ne peut pas grand-chose pour nous puisqu’il s’agit d’un groupe italien (Bolton). Il nous a dit qu’il allait en parler au ministère de l’Industrie mardi et joindre le siège à Courbevoie pour avoir de plus amples informations sur nos cas », confiait l’un des salariés.

Les salariés, « solidaires » et « essayant de garder le moral », entendent poursuivre le mouvement. Mais s’inquiètent. « La direction veut nous mettre la pression à partir de lundi et forcer l’accès en faisant venir la police. Une rencontre est prévue dans l’après-midi ».

Le Télégramme
13 février 2010


Grève à Saupiquet : l’usine de Saint-Avé ne tourne plus

« On est lancé, on y va à fond ! » Premier jour de grève à l’usine Saupiquet de Saint-Avé : banderoles, piquets de grève autour de braseros installés aux trois entrées du site.

Les salariés ont engagé depuis ce matin, un bras de fer avec la direction pour réclamer « une prime de reconnaissance de 20 000 euros ».

Remontés, ils ont voté (53 oui, sur 73 votants) cette grève car « nous ne sommes pas d’accord avec la prime de chantage de bonne continuité de 5 000 euros. On sait qu’on la perd en faisant grève mais on n’a rien à perdre et on y ira jusqu’au bout ».

Fermeture reportée à juin

Les salariés ont vu rouge à l’annonce du report de la fermeture de l’usine à fin juin, « on nous demande de travailler deux mois de plus et plus rien derrière… Non et non ! ».

Et surtout depuis la publication du rapport d’experts comptables, la semaine dernière, qui avance que l’usine de Saint-Avé aurait pu continuer « à vivre encore un an. Le temps de trouver une solution. Une bonne solution et pas la délocalisation à Quimper et en Italie de nos chaînes de production », dénoncent les représentants de l’intersyndicale.

Pénalités

Le dit rapport indique également que Saupiquet a réalisé six millions d’euros de bénéfices en 2009, « et on n’a rien vu en termes d’investissements quand elle a fait 9 millions de bénéfices en 2008 et 17 en 2007 ! Alors, on veut que notre travail soit reconnu. Nous ne sommes pas les méchants dans tout ça ! »

Pour les syndicats, « c’est clair, la direction n’a pas eu la volonté de trouver une solution ». Depuis ce matin, aucune boîte de saladières n’est fabriquée et ne sortira de l’usine. Ce qui peut mettre la société en situation délicate vis-à-vis de ses clients, « elle risque des pénalités de la grande distribution puisqu’elle ne livre plus. La direction menace de fabriquer ailleurs… Mais on ne croit pas qu’elle dévoilera ses process de fabrication à un concurrent… »

À l’intersyndicale, tout le monde voit là un moyen de pression.

Ce midi, une délégation doit rencontrer le patron de l’usine. En début de matinée, elle a envoyé ses revendications au siège, à Courbevoie. Cet après-midi, des actions sont prévues à Vannes si aucune discussion n’est possible.

Isabelle JOHANCIK.
Ouest-France
lundi 08 février 2010


Saupiquet-Saint-Avé : L’intersyndicale signe l’accord

L’intersyndicale de l’usine Saupiquet de Saint-Avé a signé, jeudi, l’accord proposé par la direction du groupe à Courbevoie.

La fermeture du site morbihannais qui emploie 85 salariés est confirmée à la date du 30avril.

L’accord propose 49 mutations sur les sites de Quimper, Courbevoie et en Italie. Ces mutations seront assorties d’une prime de 11.000 EUR, d’une aide au déménagement et d’une aide pour soutenir le conjoint dans la recherche d’un nouveau travail.

« Il devrait y avoir 36 licenciements au minimum, dit l’intersyndicale. Voire plus en fonction du nombre de salariés prêts à accepter les mutations ». Une cellule de reclassement sera mise en place pour une durée de sept mois avec une rémunération fixée à 65% du salaire brut.

L’accord octroie enfin une prime exceptionnelle de 20.000 EUR ainsi qu’une sur-prime de 5.000 EUR pour « bonne continuité » de la fabrication jusqu’au 30avril.

Le Télégramme
23 janvier 2010

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