Les abattoirs AIM placés en redressement judiciaire

Mardi 6 janvier 2015, par lohann // AIM

Le tribunal de commerce de Coutances a placé les abattoirs industriels de la Manche (AIM) en redressement judiciaire ce mardi. Plusieurs centaines de salariés étaient présents devant le tribunal, qui examinait le dépôt de bilan de la société.

Les Abattoirs industriels de la Manche (AIM) ont été placés en redressement judiciaire ce mardi par le tribunal de commerce de Coutances (Manche), comme l’avait demandé la direction de la société. La décision a été dévoilée par l’avocate du comité d’entreprise en fin de matinée, devant des centaines de salariés d’AIM, rassemblés devant le tribunal en attente de leur sort.

L’entreprise, qui emploie près de 600 salariés en France, fait désormais l’objet d’une période d’observation de six mois, a précisé l’avocate, tout en soulignant que l’état de la trésorerie était tel que seule une cession d’AIM était envisageable, et non un plan de continuation

500 salariés présents devant le tribunal

Venus en car de l’établissement d’Antrain, en Ille-et-Vilaine, quelque 150 salariés ont rejoints ceux du siège de Sainte-Cécile (Manche), qui regroupe l’essentiel des salariés des abattoirs AIM. Au son de cornes de brume et scandant « Gouhier, démission » (NDLR : le nom du directeur des AIM), entre 300 manifestants, selon la police, et 500, selon la CFDT, s’étaient regroupés derrière une banderole proclamant « AIM veut vivre, les emplois, c’est possible ».

« Salariés AIM, on a faim », « Ouvriers en colère, le combat commence », pouvait-on lire sur d’autres calicots présents dans le rassemblement appelés par les syndicats CGT, CFDT et CFE-CGC des abattoirs AIM. Un groupe d’une dizaine de fonctionnaires des services vétérinaires, appelés à intervenir régulièrement dans les établissements du groupe, participait également à la manifestation, de même qu’une dizaine d’élus locaux maires de petites communes, craignant pour les emplois.

AIM ne veut pas devenir le nouveau GAD

A moyen terme, les syndicats redoutent un scénario similaire à celui de leur concurrent breton GAD SAS, dont les effectifs ont drastiquement chuté, de 1 700 salariés mi-2013 à la promesse en octobre 2014 d’en maintenir 530 sur 755 dans le seul abattoir restant du groupe, à Josselin (Morbihan) racheté par la SVA Jean Rozé, filiale d’Intermarché. AIM est détenu à 64% par la coopérative Cap 50, son principal fournisseur, et à 34% par le groupe d’aliments pour bétail JDIS.

Comme chez Gad, la direction des AIM met en avant l’embargo russe sur le porc européen, mais aussi « la concurrence de l’Allemagne et de l’Espagne sur l’espèce porcine avec l’utilisation du dumping social », ou « la guerre des prix de la grande distribution » pour expliquer des « difficultés de trésorerie ». « On n’en est pas du tout au stade de savoir s’il va y avoir une restructuration industrielle. Il s’agit de demander un redressement judiciaire, pour trouver un ou plusieurs investisseurs sur lesquels s’adosser », avait assuré avant l’audience une représentante de la direction.

Les syndicalistes mettent eux en cause la gestion de l’actuelle direction. « On préfère un repreneur plutôt qu’une bande de truands qui a coulé le bateau », a déclaré ce mardi matin Jean-François Monnereau, délégué CFDT de l’établissement d’Antrain.

Le 6 Janvier 2015 - Le Parisien

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