Alstom : plus de 300 emplois menacés à l’usine de Belfort

Vendredi 5 décembre 2014, par lohann // Alstom

Le groupe d’énergie et de transport français Alstom pourrait supprimer plus de 300 sur les quelque 600 salariés que compte l’activité transports de son site de Belfort. Selon les syndicats CFE-CGC, CGT et CFDT, il n’y a pas eu d’annonce officielle mais tous pressentent un plan social en 2015 qui pourrait être officialisé « début janvier à l’occasion du prochain comité de groupe européen ».

« La direction nous a annoncé il y a quinze jours un sureffectif de 320 personnes en 2015 dans les activités fabrication et ingénierie (...) Les carnets de commande sont vides. On n’a pas eu de nouvelle commande depuis deux ans », a indiqué Thierry Muller (CFDT), ce que confirme Didier Lesou (CFE-CGC). Selon Olivier Kolher, délégué CFDT à Belfort, les suppressions de postes se feraient sous forme d’un « plan de départs volontaires qui se finaliserait au 31 décembre 2015 ».

Ce plan s’ajouterait au plan déjà en cours pour le siège de la division transport, avec 185 départs prévus au moyen d’un plan de départs volontaires. Le député-maire de Belfort, Damien Meslot (UMP), a fait part de sa préoccupation dans un communiqué. « Je regrette l’inaction du gouvernement en la matière » et « je [lui] demande de prendre toutes les mesures nécessaires afin que les commandes aboutissent et ainsi pérenniser l’activité du secteur ferroviaire », a-t-il déclaré.

« UNE FILIÈRE EN CRISE »

Selon la Fédération des industries ferroviaires (FIF) c’est en effet la pérennité même de l’activité transports à Belfort qui est menacée. Lors d’une conférence de presse jeudi, le délégué général de la FIF, Jean-Pierre Audoux, a évoqué un « risque de fermeture de l’activité ferroviaire du site de Belfort en 2016 ». La fédération anticipe un minimum de 15 000 suppressions de postes dans la filière à l’horizon 2018, concentrées entre 2016 et 2018, en raison de la baisse des commandes.

« Les premiers plans sociaux commencent malheureusement à se mettre en place dès maintenant », souligne la FIF. Selon Jean-Pierre Audoux, 350 personnes sont concernées à Belfort. Interrogé, le groupe Alstom a déclaré « qu’aucun plan de restructuration n’avait fait l’objet d’une annonce ». En novembre 2013, le groupe Alstom avait annoncé 1 300 suppressions de postes dans le monde. Pour M. Kolher (CFDT), la session du secteur énergie à General Electric « fragilise le secteur ferroviaire [d’Alstom]. Maintenant, le secteur transport va se trouver esseulé » et lui aussi pense que l’avenir du site « est en jeu ».

« Toute la filière est en crise », explique M. Lesou (CFE-CGC). « Si l’Etat et la SNCF ne relancent pas très rapidement un programme de TGV, les sites de Belfort et La Rochelle n’auront plus rien », dit-il, en se disant également préoccupé par l’avenir du site de Reichshoffen. Le responsable du syndicat des cadres reproche à l’Etat de se « désengager » du dossier et se dit persuadé qu’il « ne tiendra pas sa parole de racheter à Bouygues les 20 % du capital d’Alstom ».

Le 5 décembre 2014 - Le Monde

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