Continental se pourvoit en cassation à propos des licenciements de Clairoix

Vendredi 28 novembre 2014, par lohann // Continental

La cour d’appel d’Amiens avait invalidé le motif économique invoqué par le fabricant de pneumatiques allemand pour le licenciement de 683 salariés de son usine de Clairoix, dans l’Oise.

Le fabricant de pneumatiques allemand Continental a annoncé vendredi sa décision de se pourvoir en cassation après l’invalidation par la cour d’appel d’Amiens du motif économique pour le licenciement de 683 salariés de son usine de Clairoix, dans l’Oise. « Bien que Continental ait conscience qu’un nouvel épisode juridique constitue une épreuve pour l’ensemble des salariés concernés [...], elle a pris la décision de se pourvoir en cassation après s’être acquittée du versement de 29 millions d’euros d’indemnités, se conformant ainsi aux arrêts de la cour d’appel d’Amiens du 30 septembre », annonce le groupe dans un communiqué.

Le fabricant de pneumatiques regrette que la cour d’appel n’ait pas tenu compte d’« expertises économiques complémentaires » fournies par Continental. « Avec cinq ans de recul, ces expertises démontrent, sans conteste, que la crise de 2008-2009 préfigurait des mutations profondes et durables du marché de l’automobile qu’il était vital d’anticiper, pour sauvegarder la compétitivité de la division pneu, tourisme et camionnette (PLT) de l’entreprise », explique-t-il dans un communiqué.

« Les ventes sont portées par les marchés émergents [...] où Continental était peu implanté, alors que les manufacturiers de pneumatiques devaient suivre le déplacement géographique des constructeurs automobiles : il était donc urgent, pour Continental, de réagir et de réduire ses capacités de production en Europe de l’Ouest où, sa surcapacité, fin 2009, correspondait à l’équivalent de trois usines de Clairoix tournant à vide, sans espoir d’écouler cette production en Europe », explique Me Patrick Thiébart, avocat de Continental France, dans le communiqué.

La cour d’appel d’Amiens a confirmé en septembre trois points précédemment jugés : « l’absence de justification économique des licenciements au regard de la situation et des résultats d’ensemble du groupe, le non-respect de l’obligation de reclassement en amont des licenciements, ainsi que la responsabilité de la maison-mère, condamnée en tant que co-employeur à payer les dommages et intérêts ».

S’agissant des efforts de reclassement mis en œuvre, Continental souligne que « pas moins de 220 millions d’euros ont été investis dans le plan social et six millions dans la revitalisation ». « Cette dernière a d’ailleurs permis de créer un nombre d’emplois supérieur à ceux que la fermeture de l’usine de Clairoix a supprimé, soit plus de 1 200 emplois (926 ont déjà été créés, les emplois validés restants seront créés avant le 30 avril 2015) », ajoute Continental.

Le 28 Novembre 2014 - Libération

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