74 suppressions de postes prévues ches les ex-Lafarge

Samedi 22 novembre 2014, par lohann // Lafarge

Les salariés du siège social de la société Siniat, ex-Lafarge plâtres, ont le moral à zéro. Alors qu’ils avaient déjà affronté un "accord de performance" les poussant à certains sacrifices, ils se trouvent confrontés à un plan de sauvegarde de l’emploi qui promet 74 suppressions de postes au siège d’Agroparc en 2015 et 2016, sur 440 employés, et 220 au niveau national, dans une entreprise qui compte 1 250 salariés. Soit près d’un sur six. Une vraie catastrophe pour un effectif qui comporte une tranche importante de 40-55 ans, avec qui plus est de l’ancienneté. Autrement dit des difficultés à retrouver un emploi dans une conjoncture très tendue. Le siège - tant l’administration que le centre de développement technique d’Agroparc - et toutes les directions régionales sont concernés par ce plan qui prévoit trois fermetures de sites dans l’Aube, Mayenne et Tarne-et-Garonne.

"PSE au rabais"

"On vient de communiquer les résultats des dernières négociations, explique la déléguée syndicale Force ouvrière (FO) Gisèle Boutier, et les salariés ont bien compris que c’était un PSE au rabais." Soient des indemnités de licenciement proches du minimum légal et au moins "largement en dessous de tous les PSE que nous avons connus du temps de Lafarge".

C’est le premier plan de cette ampleur que l’entreprise de fabrication de plaques et carreaux de plâtres affronte. Il intervient quelques mois après un plan de départ volontaire, la création d’un centre de services partagés au niveau du groupe et un "accord de performance" qui, en mai dernier, a déjà resserré la masse salariale. "Nous avons perdu une partie des RTT, précise le représentant syndical FO Patrice Ponne, il y a eu un gel des salaires et une perte de certaines de nos primes."

Actuellement, les réunions se succèdent au siège de l’entreprise, rachetée en novembre 2011 par le groupe belge Etex. Jeudi prochain, une négociation doit avoir lieu à Agroparc entre direction et organisations syndicales, afin de discuter des mesures compensatoires aux licenciements (indemnités, actions de reclassement, formation...). Parallèlement, le comité central d’établissement - qui doit donner un avis d’ici au 22 janvier, date de clôture du PSE - a obtenu la désignation d’un expert qui doit se prononcer sur la validité et les modalités du plan. Un expert a aussi été désigné par le CHSCT afin d’évaluer les risques psychosociaux que le PSE fait courir aux salariés.

"Après l’annonce, souligne-t-on à FO, les salariés sont KO. Vu les propositions de la direction, la colère commence à monter et certains parlent de grève."

"On est dans une logique d’adaptation, de sauvegarde de la compétitivité, explique-t-on à la direction de la société, à Agroparc. Il y a eu une baisse significative du nombre de logements mis en chantier, 300 000 en 2014, contre 330 ou 340 000 prévus encore cet été. Cette tendance s’accentue depuis 2012 et encore plus ces derniers mois" Le groupe belge Etex, qui a acquis pour un montant de 900 000 millions d’euros la société Lafarge (ses sites en France et en Amérique du Sud), en 2011, a publié sur son site internet des rapports faisant état de sa préoccupation face à la dégradation du marché, particulièrement dans l’Hexagone. Et si l’entreprise fait des bénéfices (21,3 millions en 2013 et 16,3 en 2012), cette rentabilité semble ne pas convenir au groupe belge. D’autant que sur le marché du second oeuvre, là où se situe Siniat, la reprise, si reprise il y a, va devoir attendre douze à dix-huit mois supplémentaires par rapport à la délivrance des permis de construire... Selon la direction, qui s’inscrit en faux sur le terme syndical de "PSE au rabais", les indemnités de licenciement vont "au-delà du niveau légal" et sont au moins "en ligne avec ce qu’on avait pu proposer aux précédents PSE". Quant aux efforts faits avec cet "accord de performance" (lire ci-dessus), la direction estime qu’ils ont "permis de travailler sur l’organisation du temps de travail, sur la compétitivité et de limiter les licenciements".

Le 21 Novembre 2014 - La Provence

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