Une centaine de salariés de Mobilier européen manifestent à Mulhouse

Vendredi 7 novembre 2014, par lohann // Mobilier Européen

Une centaine de salariés de Mobilier européen (groupe Rapp, enseignes Fly, Atlas, Crozatier), en redressement judiciaire, ont manifesté leur colère aujourd’hui à Mulhouse pour demander aux pouvoirs publics des garanties pour leur reclassement, selon une source syndicale.

Examinée mercredi au tribunal de commerce de Mulhouse, la cession du numéro 4 français de l’ameublement, basé à Kingersheim (Haut-Rhin), pourrait se solder par la disparition de plus d’un millier d’emplois.

Une délégation de salariés du groupe Rapp avait rendez-vous en sous-préfecture pour discuter avec les services de l’Etat du futur Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévu pour les employés du groupe, en redressement judiciaire depuis septembre.

Les salariés sont venus réclamer des mesures sociales supplémentaires, notamment un dispositif d’accompagnement renforcé économique (Dare), pour faciliter le reclassement des salariés.

Une source proche de la direction interrogée par l’AFP à l’issue de la réunion a évoqué une rencontre « constructive » sans plus de détails.

« L’enveloppe de 20 millions d’euros (destinée au PSE) obtenue par la liquidation de stocks des magasins est toujours prévue. Il y a une vraie solidarité entre les dirigeants, les salariés et les élus », a ajouté cette source.

La réunion avait lieu en présence des représentants de l’Etat, de la Direccte, du coprésident de Mobilier européen Philippe Rapp, du commissaire régional au redressement productif, de l’administrateur judiciaire et du député UDI du Haut-Rhin Francis Hillmeyer.

Dans une intervention mercredi à l’assemblée nationale, le député alsacien a réclamé une réponse « exemplaire » des pouvoirs publics dans ce dossier, en demandant à l’Etat de compléter les mesures de reclassement des salariés.

Le ministre du Travail, François Rebsamen, s’est engagé devant l’assemblée à compléter le plan de sauvegarde par « un dispositif visant à offrir un accompagnement de la meilleure qualité possible ».

Une cinquantaine de voitures ont mené dans la matinée une opération escargot entre Kingersheim et Mulhouse, a rapporté à l’AFP Sandra Ragon, déléguée CFDT pour le siège du groupe.
« Groupe Rapp en colère, on va pas se laisser faire », ont scandé les salariés à leur arrivée devant la sous-préfecture, certains portant des masques noir et blanc illustrés par « des émoticônes » pour exprimer leur mécontentement, a raconté la syndicaliste.

« On veut que les (pouvoirs publics) actent, pas seulement des promesses, mais une cellule de reclassement », a expliqué Mme Ragon.

Mobilier européen emploie 3.742 salariés répartis entre le siège, les enseignes directement gérées par le groupe et les magasins franchisés.
La justice pourrait prononcer une cession à la découpe des trois enseignes du groupe, les 9 offres déposées ne concernant que des reprises partielles.
L’offre la plus importante, qui émane du directeur financier du groupe Nicolas Finck, propose de conserver 750 emplois en reprenant 41 magasins du réseau Fly.

Le 7 Novembre 2014 - DNA