A Connecticable, les machines sont sous bonne garde

Jeudi 6 novembre 2014, par lohann // Connecticable

L’entreprise Connecticable, en Haute-Garonne, est en redressement judiciaire. Les salariés empêchent le déménagement des machines et veulent obtenir des reclassements.

Fronton (Haute-Garonne), correspondance. Une tente blanche dressée devant l’entrée principale, un barbecue, un micro-ondes posé sur une table… Depuis le 29 octobre les salariés de Connecticable, à Fronton (Haute-Garonne), ont pris position devant leur usine réduite au silence. Ici étaient produits depuis une vingtaine d’années des câblages pour l’automobile, le ferroviaire, l’aéronautique et l’armement. L’activité a décliné avec le rachat de Connecticable, il y a un an, par le groupe Inovelec, basé à Boulazac (Dordogne). Jusqu’à la liquidation judiciaire prononcée le 28 octobre.

Le lendemain matin, un dirigeant d’Inovelec ferme les portes de l’usine au nez des trente et un salariés. Ceux-ci comprennent alors que les licenciements deviennent inéluctables. Aussi décident-ils d’empêcher le transfert des machines vers d’autres sites du groupe Inovelec. Pas question de laisser faire les déménageurs. D’où l’installation jour et nuit des salariés devant l’usine. Une action appuyée par la CGT. Des acteurs de la célèbre lutte des Molex, parmi lesquels Guy Pavan, sont venus sur place par solidarité avec les Connecticable. « Retenir les machines est un moyen de peser sur les négociations, explique Emile Gonzalez, élu au comité d’entreprise. Nous sommes amers mais déterminés. » Une banderole est déployée : « Inovelec tue les emplois ». Pourquoi ce groupe a-t-il acheté Connecticable pour s’en débarrasser un an plus tard ? « Peut-être qu’Inovelec était intéressé par notre savoir faire », suppose Isabelle Monteillet (CGT), secrétaire du CE.

Le personnel, en majorité féminin, estime que tout n’a pas été fait pour trouver un repreneur. Mardi, à Fronton, les élus du CE rencontraient le liquidateur judiciaire, Me Leuret. Celui-ci a indiqué que les indemnités de licenciement, versées par l’Association de garantie des salaires (AGS), n’excèderaient pas les obligations légales, ce qui ne satisfait évidemment pas les salariés de Connecticable. Pour eux, il s’agit maintenant, sans attendre l’arrivée des lettres de licenciement, d’obtenir un maximum de reclassements dans des entreprises métallurgiques proches de Fronton : Labinal, VMI… Isabelle Monteillet espère que Continental, client de Connecticable, rachètera les machines et redonnera un emploi à plusieurs ouvriers licenciés. Pour aider ces démarches, l’un d’eux a été chargé de contacter le commissaire au redressement productif. En attendant, les salariés de Connecticable maintiennent la pression : ils sont toujours installés devant les portes de l’usine et n’ont pas encore l’intention de lever le camp.

Le 6 Novembre 2014 - L’Humanité

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