Airbus Group détaille un plan sévère pour ses salariés Défense et Espace

Mardi 28 janvier 2014, par lohann // EADS

La direction d’Airbus Group (ex-EADS) a détaillé lundi devant les syndicats européens son plan de 5.800 suppressions d’emplois visant à améliorer sa compétitivité dans la défense et l’espace, qui se traduira par des coupes sévères dans plusieurs usines allemandes et françaises.

L’usine allemande de la branche Cassidian (Défense) à Manching (sud de l’Allemagne), coeur de la fabrication de l’avion de chasse Eurofighter, devrait ainsi perdre plus de mille emplois.

En France, les plus grosses coupes se concentrent sur les principaux établissements d’Astrium (Espace) avec 396 suppressions à Toulouse, 309 aux Mureaux (Yvelines), 213 à Bordeaux et sur celui de Cassidian à Elancourt (Yvelines), qui perdra 411 postes.

Les syndicats français, interrogés par l’AFP à l’issue de quatre heures de réunion avec la direction dans un château de la banlieue toulousaine, ont souligné que la direction n’avait encore rien dit des issues envisagées pour les salariés (départs volontaires, retraites, mutations, licenciements).

Le syndicat des cadres CFE-CGC estime qu’on s’achemine vers de « longues autres réunions » car il faut « d’autres informations de la direction pour que les experts des syndicats puissent travailler ».

Le coordinateur de la CFTC Olivier Esteban déplore que le groupe « remette les informations sur le sort des salariés au coup prochain », peut-être lors du prochain comité européen le 20 février.

Pour Michel Molesin (CGT), il « n’y a toujours aucune justification à ce plan, alors que les salariés sont en surchauffe au travail ».

« Toujours plus compétitif »

Le Directeur des Ressources Humaines (DRH), Thierry Baril, a qualifié la réunion de « constructive » tout en réaffirmant la nécessité du plan.

« Nous constatons une érosion de notre carnet de commandes sur les activités spatiales et de défense, c’est problématique si nous ne réagissons pas aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’avenir dépendra de commandes hors d’Europe, faute de « grands programmes de développement européens sur les activités défense et espace dans les 10 prochaines années », ce qui impose d’être « toujours plus compétitif que les concurrents ».

Interrogé sur la possibilité d’atténuer le plan social en France en fonction de la baisse du coût du travail promise par le président François Hollande, il a répondu : « Nous ne souhaitons pas nous exprimer sur ce sujet tant que nous n’avons pas vu la réalisation effective de ces coûts de travail optimisés ».

Pour le DRH, qui présidait la réunion lundi en l’absence du président exécutif Tom Enders, « tout sera mis en oeuvre pour minimiser l’impact de l’adaptation nécessaire ».

Un porte-parole du groupe a rappelé qu’il serait proposé aux personnels touchés environ « 1.500 postes chez Airbus (avions commerciaux) et chez Airbus helicopters au cours des trois prochaines années ». Il a ajouté que la conclusion d’accords de compétitivité entre syndicats et direction dans les quatre pays du groupe (France, Allemagne, Royaume-Uni et Espagne) pourrait « atténuer un peu plus l’impact social ».

La direction a annoncé en décembre qu’en l’absence de négociations sur la baisse du coût du travail, le plan pourrait se traduire par 1.000 à 1.450 licenciements.

Le groupe a changé son nom d’EADS en Airbus Group le 1er janvier et cet ensemble de 144.000 salariés va passer de quatre à trois divisions : Airbus (aviation commerciale), Airbus Helicopters (ex-Eurocopter) et Airbus Defence and Space (ADS) qui regroupe les anciennes divisions Cassidian (défense), Astrium (espace) et l’activité avions de transport militaire d’Airbus.

ADS devrait perdre 5.290 emplois sur un total de 42.600, le solde des suppressions (514 emplois) concernant les fonctions centrales (ressources humaines, finances, communication, etc).

Au sein d’ADS, le plan doit supprimer 2.470 emplois chez Astrium et 2.620 chez Cassidian, ainsi que 200 emplois chez Airbus Military.

Chez Cassidian, outre Manching et Elancourt, les sites les plus touchés sont en Allemagne, avec 315 suppressions à Ulm (sud) et 249 dans la région de Munich.

Chez Astrium, la France paiera le principal écot mais l’établissement allemand de Friedrichshafen (sud) perdra 332 emplois tandis qu’en Grande-Bretagne, 580 postes disparaîtront à Portsmouth (sud) et Stevenage (centre).

Getafe près de Madrid perdra 367 postes dans l’électronique de défense et les avions de transport militaire.

Le 28 Janvier 2014 - Libération

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