Les dirigeants de Pier Import, séquestrés dans la nuit, ont été relâchés

Mardi 2 février 2010, par cclpv // Pier Import

Les deux dirigeants de Pier Import, retenus la nuit au siège de la société à Villepinte (Seine-Saint-Denis) par des salariés réclamant de meilleures conditions de licenciement, ont quitté les lieux mardi 2 février dans la matinée.
La PDG Sonia Ben Behe et le directeur général, ont été applaudis "ironiquement" par les salariés présents à l’entrée du siège lorsqu’ils ont été relâchés, au milieu de quelques huées.
Venus participer au comité d’entreprise lundi, les dirigeants avaient été priés de passer la nuit au siège de l’entreprise de meubles et décoration.

"On est prêt à continuer"

"Pour l’instant, on ne peut pas être satisfait, car il n’y a pas d’avancée notoire sur les conditions de licenciement", a indiqué le secrétaire du CE, Yann Boisvent (CGT). "La seule avancée, c’est l’assurance de rencontrer Claude Ben Behe (le président du conseil d’administration de Forfinance, actionnaire de référence de Pier Import, ndlr) mercredi après-midi. On espère que Forfinance mettra de l’argent pour des conditions de licenciement décentes" a-t-il ajouté.
Yann Boisvent a également expliqué que "la nuit s’est bien passée. Sonia Ben Behe a compris notre action," "mais certainement pas ce qui s’est passé cette nuit".
Selon un salarié de Melun, qui a participé à la retenue des dirigeants, "cela a été une nuit dure moralement et physiquement. On n’a pas dormi, mais on été solidaires, on s’est serré les coudes. On est prêt à continuer pour obtenir ce que l’on veut" a-t-il averti.

Estrosi est contre les actes de violence

En attendant le rendez-vous avec l’actionnaire, le mouvement de protestation va se poursuivre, avec des grèves et des fermetures de magasin, a précisé Yann Boisvent. "Les salariés restent très motivés, les actions vont se poursuivre".
De son côté, le ministre de l’Industrie Christian Estrosi a souligné sur LCI qu’il était "contre les actes de violences". "Je le dis toujours aux salariés, il ne peut y avoir de vraies négociations quand il y a de la violence", a-t-il averti.
Toutefois, "le rôle du gouvernement est veiller à ce que personne ne reste sur le bord du chemin" et que "le programme de sauvegarde de l’emploi au cas par cas apporte une solution d’avenir pour chaque salarié", a assuré le ministre.

140 licenciements

Suite au placement en liquidation de l’entreprise en septembre 2009, le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a demandé la cession de 20 magasins, et la fermeture des 25 autres, ce qui entraîne 140 licenciements. S’y ajoute la disparition de dix postes au siège.
Le blocage concerne les indemnités de licenciements, calculées sur la base de deux-dixièmes de mois par année d’ancienneté. L’objectif des salariés est d’obtenir cinq-dixièmes, précise le représentant syndical.

NOUVELOBS.COM | 02.02.2010 | 17:45

- A voir la vidéo de bfm filmée pendant la séquestration

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