Vers un pourrissement de la situation chez Kuehne & Nagel

Samedi 14 décembre 2013, par cclpv // Kuehne Nagel

Depuis le 5 décembre, une partie des salariés du groupe Kuehne & Nagel, dont le dépôt est situé à Bondoufle, ont planté leur piquet de grève. Un mouvement qui intervient pour lutter notamment contre la suppression de la moitié des effectifs de l’entreprise.

Le lundi 7 octobre, une partie des salariés d’un des leaders mondiaux de la logistique, le groupe suisse Kuehne & Nagel, avaient organisé une journée de grève pour lutter contre un plan de restructuration. Ce dernier entraînait à l’époque la suppression de 70 postes des 220 que compte le dépôt essonnien de l’entreprise, situé dans la zone des Bordes-La Tremblaie entre Bondoufle et Le Plessis-Pâté. Moins de 24 heures après le début de ce mouvement social, la direction entamait des négociations avec son personnel gréviste. Suite à un engagement de la direction sur la pérennité du site, un accord avait permis la reprise normale de l’activité dans la nuit du 7 au 8 octobre.

Malgré ces réponses encourageantes pour les employés de la société de logistique, le climat s’est quelque peu dégradé depuis début décembre. Kuehne & Nagel a ainsi annoncé que des suppressions de postes sur le site de Bondoufle étaient à prévoir en vue de leur nouveau plan social. Il en découlerait donc une réduction de la masse salariale. « Kuehne & Nagel assurait la logistique du groupe Virgin, souligne José Faria, délégué syndical CGT. Avec leur fermeture courant juin, nous avons perdu un gros client. 45 salariés de l’entreprise risquaient de perdre leur poste ». À cela vient s’ajouter « une perte de volume de 91% de la part de Carrefour culturel, un autre client, qui impliquerait le départ de 48 autres employés », poursuit le délégué syndical. Au total, ce sont 93 emplois qui sont menacés depuis début décembre à Bondoufle.

« Impossible de négocier pour le moment… »

Après avoir pris connaissance de cette nouvelle, une partie du personnel de l’entreprise helvético-germanique a planté le piquet de grève dans la journée du 5 décembre pour protester contre « le manque de concertation et d’information sur ce sujet de la part de la direction », explique José Faria.

« Nous ne savons pas encore quelles sont les personnes concernées par ce plan social, soupire Martine Devilleneuve, déléguée syndicale CFDT et chef d’exploitation dans l’entreprise. La direction a bien proposé quelques reclassements, mais aucune de ces offres ne garantit la reprise des employés à leur poste et ne prennent pas toujours compte de l’ancienneté des salariés. C’est comme si nous gommions 15 années de carrière d’un salarié, afin qu’il redémarre de zéro sur un autre site, avec un poste totalement différent. Nous vivons vraiment ce moment comme une injustice ».

Pour montrer leur détermination, ce mouvement n’a connu aucune interruption depuis le 5 décembre. « Plusieurs groupes d’employés grévistes se relaient nuit et jour afin de bloquer totalement le site de Bondoufle », explique Martine Devilleneuve. La vie de l’entreprise Kuehne & Nagel tourne donc au ralenti, étant donné qu’aucun camion n’a pu franchir le portail du dépôt.

Le personnel gréviste demande à la société de transport de logistique que des négociations soient entamées dans les plus brefs délais, afin de régler au plus vite cette situation qui devient très pesante pour une partie des employés. « La direction refuse de nous rencontrer, déplore la déléguée syndicale CFDT. Il est impossible de négocier pour le moment, nous renouvelons notre appel. Dans tous les cas cela ne peut plus durer, car cela a un coût pour le personnel gréviste qui n’est pas payé depuis une semaine, mais aussi pour l’entrepreneur qui perd des commandes ».

Soutenus dans leur mouvement par le maire du Plessis-Pâté, les salariés grévistes sont déterminés dans leur combat. Ils feront tout pour obtenir une révision du plan de sauvegarde de l’emploi, sur de meilleures possibilités de reclassements et sur une revalorisation des primes de licenciement, s’il doit y en avoir. En tout cas ce mardi soir, pour la sixième fois d’affilée, une partie du personnel gréviste passait la nuit dehors en espérant que leur situation connaisse une embellie le plus rapidement possible.

Essonne Info, le 11 décembre 2013

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