Délifrance. Toujours sous tension

Mercredi 11 décembre 2013, par lohann // Délifrance

De source syndicale, salariés et direction de Délifrance doivent se rencontrer aujourd’hui et discuter notamment des indemnités de départ, liées au plan de sauvegarde, annoncé le 6 novembre. En attendant, la tension reste vive.

« La direction veut nous obliger à lâcher. Elle joue l’épuisement. Mais c’est mal nous connaître. On tiendra le temps qu’il faudra. Et plus si nécessaire ».

« Pas le choix »

Il est 8 h 25, en ce mardi 10 décembre. Thomas (*) vient d’envahir la voie express, juste au pied de son entreprise, implantée sur la zone d’activités de Landévant. À l’image de ses collègues de Délifrance une petite centaine c’est la première fois qu’il foule le bitume de la RN 165. D’ordinaire, à cette heure de la journée, il est en production, les mains dans la farine : « Je sais que l’on emm... les gens qui vont au boulot ! Mais on n’a pas le choix si on veut être entendu ».« Si on est là, ce n’est pas de notre faute. En ne voulant pas négocier, la direction nous oblige à la surenchère », peste Claire. « C’est du mépris. Et ça, on n’aime pas », renchérit sa collègue, Virginie. 8 h 50. Le soleil pointe le bout de son nez. Il commence à apporter un peu de chaleur et donne des idées aux manifestants qui s’en prennent verbalement à leur directeur des ressources humaines. « Barenton, du pognon ! Barenton, du pognon ! ».

La peur du chômage

Un peu plus loin, Thomas est à la manœuvre. Surveillé discrètement, mais de près, par des gendarmes, prêts à intervenir en cas de dérapage, un coup de sang de la part d’un usager de la route est vite arrivé, il distribue des tracts aux automobilistes pris dans la nasse. Signe que le chômage est dans tous les esprits, le message délivré passe comme une lettre à la poste. « Nous sommes là pour défendre 43 emplois que notre direction veut supprimer ».« Tenez bon, ne lâchez rien ! », répondent les conducteurs. Les plus fervents partisans sont, sans conteste, les chauffeurs routiers qui manifestent leur soutien en usant de leur avertisseur. « Allez-y les gars. On est avec vous ! ».

Une rencontre prévue aujourd’hui

Entamé le 29 novembre,le conflit, qui porte sur la suppression de 43 postes sur le site de Landévant et sur les indemnités de départ, connaîtra peut-être aujourd’hui un tournant. Selon la CFDT, une rencontre entre représentants du personnel et direction doit en effet avoir lieu ce matin. Quelle en sera l’issue ? Il est trop tôt pour le dire. « Mais il est temps que cela se termine car la paye de décembre va être maigre », soupire un gréviste.

Le 11 Décembre 2013 - Le Télégramme

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