Goodyear : les salariés bloquent à nouveau l’usine d’Amiens-Nord

Jeudi 5 décembre 2013, par cclpv // Goodyear

La mobilisation ne faiblit pas chez les Goodyear. Environ 300 salariés du site d’Amiens-Nord, ainsi que des employés d’autres entreprises en difficulté, se sont rassemblés, ce jeudi, devant l’usine. Depuis plusieurs semaines, les opposants à la fermeture du site multiplient ainsi les actions « coup de poing », notamment devant la cellule chargée de leur reclassement, mise en place le 18 novembre dernier.

Des salariés de Valeo Amiens, Bridgestone, Procter & Gamble, Sanofi-Aventis ou encore Ricoh se sont joints au combat des Goodyear. Ils se sont réunis devant le dépôt de l’usine, bloqué par un feu de pneus, à l’appel du syndicat CGT Goodyear à Amiens-Nord, ultra-majoritaire, avant de quitter les lieux vers 13 heures.

« Aujourd’hui, il y a un ras-le-bol d’avoir des entreprises qui délocalisent et veulent licencier alors qu’elles font des profits. (...) C’est une catastrophe : 1.000 suppressions d’emplois à gauche, 800 à droite. Le problème c’est qu’on se bat chacun de notre côté », a déclaré Mickaël Wamen, représentant CGT de Goodyear, déplorant que « la confédération CGT n’ait pas appelé à un grand rassemblement ».

« Sauver Goodyear, c’est maintenant »

« Il faut une convergence des luttes. On se doit de venir quand un rassemblement comme cela est organisé, (...) en solidarité avec les salariés de Goodyear Amiens qui se battent depuis sept ans contre la fermeture du site  », a poursuivi le syndicaliste CGT. Une banderole proclamant « Sauver Goodyear, c’est maintenant » a été posée contre le grillage du dépôt, près duquel des pneus brûlaient.

« C’est la troisième semaine qu’on bloque notre dépôt, parce que notre direction nous dit que les pneus qu’on fait ne servent à rien », a expliqué Franck Jurek, représentant CGT du personnel. « On ne lâchera rien. Quitte à rester là à Noël et au Nouvel An, on restera », a-t-il ajouté, alors qu’un sapin a été placé près du dépôt de l’usine avec écrit « ici vivent des salariés Goodyear et leurs familles, Goodyear doit vivre ».

La CGT a appelé les salariés à une nouvelle mobilisation le 11 décembre, alors qu’une audience doit se tenir devant le tribunal de grande instance d’Amiens, saisi par le CHSCT pour faire invalider le plan social. Une opération escargot est prévue dès 8h30 au départ de l’usine jusqu’au TGI. Le syndicat appelle également l’ensemble des salariés menacés de licenciements en France à se réunir le 2 janvier devant le ministère du Travail.

Un référé devant le tribunal administratif

En parallèle, l’avocat du syndicat CGT Goodyear d’Amiens-Nord a annoncé aux salariés rassemblés devant l’usine qu’il allait saisir « dans l’après-midi » le juge des référés du tribunal administratif d’Amiens. « Nous allons saisir le tribunal administratif pour que le juge ordonne de nous communiquer le rapport de deux inspectrices du travail » sur les conditions de travail à l’usine, a déclaré Me Fiodor Rilov. Ce rapport, « qui fait des dizaines de pages », peut « peser très lourd sur le cours des choses », a estimé l’avocat, alors qu’une audience est prévue le 11 décembre devant le tribunal de grande instance d’Amiens, saisi par le CHSCT d’Amiens-Nord pour faire invalider le plan social. « L’audience du 11 est fondamentale pour nous (...). Elle peut conduire à ce que la direction de Goodyear aux Etats-Unis soit mise en échec », a-t-il poursuivi.

« Le gouvernement, le ministère du Travail, François Hollande pèsent de tout leur poids pour que ce rapport ne soit pas communiqué aux salariés. (...) Nous allons essayer de faire condamner le gouvernement », a également affirmé Me Rilov.

La direction de Goodyear a engagé le 7 novembre la fermeture de l’usine, qui emploie 1.173 personnes, en mettant fin à la procédure de consultation des représentants du personnel. Les syndicats CGT et CFDT, qui contestent la légalité de cette procédure, ont engagé plusieurs procédures judiciaires.

LeParisien.fr - 5 décembre 2013

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