Ni prime, ni médiateur pour les Fermoba
Mercredi 17 février 2010, par // Fermoba
Banderoles et tambourins dans les mains, les salariés de Fermoba, dont quatre-vingt-dix seront prochainement licenciés, ont manifesté leur colère dans les rues de Bourges hier.
Estelle Bardelot Engoncé dans sa doudoune bleue, P’tit Louis est en queue de cortège. Devant lui, les salariés de Fermoba qui lui ont succédé dans l’usine qu’il a quittée voilà dix ans. Le coeur serré, il soutient ceux qu’il appelle ses « collègues ». « Quand je travaillais dans l’usine, ça allait et puis il y a eu du laisser-aller, du gaspillage. Je suis vraiment touché par tout ce qui arrive aujourd’hui. Les jeunes doivent essayer de sauver ce qui peut l’être. Par tous les moyens ». Pour P’tit Louis, le souvenir de Fermoba du temps des belles années est désormais bien amer.
Devant lui, dans le cortège, tout n’est que slogans, bruit de pétards, de tambourins et colère. « On veut nos sous, on veut nos sous ». Les Fermoba ont de la voix et du rythme. De quoi réchauffer les corps engourdis par le froid et les coeurs endoloris par les licenciements à venir. Et par la manière dont la liste des noms des licenciés a été annoncée, changée et enfin réannoncée hier. Provoquant des situations personnelles presque insoutenables.
C’est ce que vit Cédric, un gaillard qui travaille depuis douze ans dans l’usine. « Dans la première liste, j’étais conservé. Dans la seconde trois jours plus tard, j’étais licencié mais on m’a fait comprendre que je pouvais être repris en CDD. Finalement, ce matin, il y a un nouveau changement : je reviens. C’est à ne plus rien comprendre. Cela veut dire aussi qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent de nous », explique le salarié qui peine à savoir où il en est.
À côté de lui, ses amis d’ateliers parlent eux aussi de leur avenir proche. Difficile de quitter une usine où on a passé des années ; délicat aussi de vivre le départ de ses copains avec qui on a travaillé au quotidien.
Sur son tambourin, Didier tape comme un automate. Lui est conservé dans l’effectif mais pense aux licenciés. À proximité, ses collègues repris envisagent l’avenir, peu sereinement : « On va se retrouver quatre-vingt-dix en moins pour faire un travail identique. La pression va être forte », insistent-ils.
Pour Jean-François Falda, qui dirige la CFDT dans le Cher, le travail doit reprendre au plus vite : « Il faut reprendre le travail lundi tout en menant un conseil de surveillance pour les licenciés », explique celui qui évoque le « laxisme » de l’administrateur judiciaire qui gère les licenciements.
« On ne lâchera pas. Nous ne sommes qu’au milieu du chemin. Le bout de la route, ce sera quand le médiateur nous aura donné des garanties noir sur blanc », insistent Abdelkrim Ziani et Fabien Davril.
Une délégation a été reçue vers 17 heures, en mairie par le directeur de cabinet de Serge Lepeltier. À la sortie, des petits cris de satisfaction : « Nous lui avons indiqué nos deux principales revendications : la nomination d’un médiateur et la prime supra légale. Serge Lepeltier en sera informé dès ce soir et il va intervenir auprès de Christian Estrosi, le ministre de l’Industrie. Nous avons insisté sur le caractère urgent de la demande », a expliqué Me Galut, représentant d’une quarantaine de salariés licenciés.
L’entrevue en préfecture a ensuite été longue. Trois heures. Pour presque rien. « L’État a expliqué qu’il était hors de question de financer une prime et que sa priorité est le retour à l’emploi. Le repreneur (le groupe Verdoso, NDLR) a annoncé qu’il était prêt à faire, aux licenciés, une avance de cinq cents euros, à condition que le travail reprenne lundi. S’il devait y avoir blocage, il aurait recours à la force publique et qu’un blocage pourrait remettre en cause la reprise de la société » a expliqué Me Galut.Les salariés décideront de la suite à donner à leur mouvement lundi à 9 heures lors d’une assemblée générale.
leberry.fr
samedi 13 février 2010
Inquiétude, puis colère chez Fermoba
Des salariés ont prévu de bloquer l’entrée de l’usine de Saint-Doulchard ce matin. Ils réclament les noms des quatre-vingts-dix licenciés.
D’abord les pleurs de Julie, une salariée en passe d’être licenciée. Puis la colère, lancée par Abdelkrim.
Les salariés en attente de licenciement chez Fermoba Centre Industries (menuiserie PVC, Saint-Doulchard) comptent bloquer, ce matin, dès 8 heures, l’arrivée des matières premières commandée par le nouveau repreneur. Hier, les Fermoba attendaient l’officialisation de la liste nominative des quatre-vingt-dix licenciements économiques, liés à la liquidation judiciaire d’Arbel (groupe auquel appartenait l’entreprise) et à la reprise par Verdoso Industries (le BR du 6 février).
Mais la liste définitive, que devait envoyer l’administrateur judiciaire, n’est pas arrivée. Ceux qui étaient sur une première liste, livrée vendredi dernier au sortir d’un comité d’entreprise extraordinaire, avaient pourtant rendez-vous à 14 heures pour l’officialisation.
« Il y a un problème avec les départs volontaires, explique Bertrand Henoff, secrétaire CFDT du comité d’entreprise. Trois personnes sont revenues sur leur décision, deux autres veulent finalement partir et surtout nous avons une différence de huit départs volontaires entre la liste de l’administrateur et la nôtre. Même s’il semble que cela soit dû au fait que certains n’ont toujours pas reçu, par La Poste, leur formulaire de départ volontaire. »
Les salariés, qui n’ont pas été payés en janvier, ont donc appris hier que la liste pourrait changer.
Vers 15 h 30, certains ont commencé à exprimer leur mécontentement. « Je m’attendais à plus de considération, regrette Julie. Je suis licenciée ? D’accord, mais qu’on me le dise. »
Marc Deligny, P-DG de Neov (nouveau nom de Fermoba depuis l’arrivée de Verdoso Industries), qui a repris cent vingt-deux des deux cent seize salariés, a essayé de calmer les esprits. Lui aussi attendait, hier après-midi, la liste définitive de l’administrateur judiciaire pour pouvoir reprendre l’activité aujourd’hui (faute de matières premières, les employés ne travaillent plus depuis plus de trois semaines).
Mais Abdelkrim, un salarié lassé ? comme les autres ? d’attendre, a lancé : « Demain (aujourd’hui, ndlr), on vient à 8 heures et on bloque les portes. On a été trop gentil ! Il faut changer la méthode. » Cette mobilisation spontanée a été décidée sans les syndicats et les membres du comité d’entreprise, accusés par certains de ne penser qu’aux salariés conservés.
leberry.fr mardi 9 février 2010
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17/03 — Ni prime, ni médiateur pour les Fermoba — par cclpv
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16/03 — Ni prime, ni médiateur pour les Fermoba — par thj18
je souhaiterais vivement qu’une enquête journalistique ait lieu dans cette entreprise dont le nouveau nom est neov. Ces critères d’ordre de licenciement deviennent en cela caduque, puisque certains (...) Lire la suite »
16/03 — Ni prime, ni médiateur pour les Fermoba — par thj18
Je suis une licenciée du groupe Fermoba Centre Industries et je suis surpris d’entendre en sourdine par d’autres personnes faisant partie du repreneur NEOV, qu’il y aurait eu un revirement par (...) Lire la suite »